Vie de Gustave Roud et repères chronologiques
Vie de Gustave Roud et repères chronologiques
Fils de paysans vaudois du côté de son père et de sa mère, née Coigny, Gustave Roud est né dans une ferme proche de Saint-Légier, le 20 avril 1897. En 1908, sa famille s'installe à Carrouge, dans la ferme du grand-père maternel. Gustave Roud fait ses études secondaires à Lausanne, puis poursuit ses études à la Faculté des lettres de l'Université de Lausanne, où il obtient sa licence. Ses premiers poèmes paraissent en 1915, dans un numéro des Cahiers vaudois. Ayant renoncé à l'enseignement après une brève tentative malheureuse, Roud s'installe définitivement à Carrouge, et se consacre à l'écriture poétique, à la traduction, à la critique d'art. Il pratique également la photographie.
Après la publication de son premier livre, Adieu, en 1927, Roud devient secrétaire de rédaction de la revue hebdomadaire Aujourd'hui (1929-1931), fondée par l'éditeur Henry-Louis Mermod et C.F. Ramuz. De 1936 à 1966, il fait partie du comité de lecture des Editions de la Guilde du Livre. Au cours des années 1940, Roud publie plusieurs recueils de traductions : grand lecteur des poètes romantiques allemands, il traduit Hölderlin et Novalis, ainsi que Rilke et Trakl. En 1950, il rassemble en deux volumes, parus chez Mermod, les six recueils de poésie qu'il a publiés depuis 1927. Il fera paraître encore Le Repos du cavalier en 1958, Requiem en 1967, et Campagne perdue en 1972. Son Journal, constitué de cahiers, de carnets et de feuillets, a été publié de manière posthume en 1982, par les soins de Philippe Jaccottet. Une réédition, établie par Anne-Lise Delacrétaz et Claire Jaquier, a paru en 2004 aux Editions Empreintes à Moudon. Les Ecrits de Gustave Roud, en 3 volumes, ont paru en 1978 à la Bibliothèque des Arts.
Les archives de Gustave Roud sont déposées dans le « Fonds Gustave Roud » du Centre de recherches sur les lettres romandes, Bibliothèque cantonale et universitaire, à Lausanne. Voir le site du CRLR : www.unil.ch/crlr
Le fonds photographique Gustave Roud est déposé à la Bibliothèque cantonale et Universitaire, à Lausanne.
Repères chronologiques
1897
Naissance de Gustave Roud, originaire d'Ollon, le 20 avril, dans la ferme du “Chalet-de-Brie”, près de Saint-Légier, au-dessus de Vevey.
1908
Déménagement de la famille Roud à Carrouge, dans le Jorat, dans la ferme du grand-père maternel, mort trois ans plus tôt. C'est là que Roud vivra toute sa vie, d'abord avec ses parents et ses tantes maternelles, puis seulement avec sa sœur Madeleine, née en 1893.
1909-1915
Elève au Collège classique de Lausanne, où Roud a pour professeurs Ernest Ansermet et Edmond Gilliard, puis au Gymnase de la Cité.
1915
Premiers poèmes dans les Cahiers vaudois.
1916
Ecole de recrues dans le Bat. fus. 3, IVe compagnie. Roud participera à la mobilisation durant la Première Guerre mondiale en tant que premier lieutenant, effectuant plusieurs périodes de service militaire, en 1917 notamment. Il sera réformé en 1935 pour raison de santé.
1915-1919
Etudes de lettres à l'Université de Lausanne.
1919
Licence ès lettres.
1920
Brève expérience de professeur au Collège de Vevey, où Roud effectue un remplacement au début de l'année.
Au printemps, voyage en Toscane, où il rejoint à Florence Steven-Paul Robert et Jean Viollier.
A partir de cette date, collaboration régulière à la Revue romande, à la Feuille d'Avis de Lausanne, ainsi qu'à la Tribune de Lausanne, où Roud donne des critiques d'art.
1922
De janvier à avril, remplacement de quatre mois au Collège de Vevey.
1924
Au début de l'automne, remplacement de quelques mois au Collège de Vevey.
1925
En automne, court séjour à Paris, en compagnie du peintre Steven-Paul Robert.
1927
En décembre, parution d'Adieu Au Verseau à Lausanne.
1927-1928
Grave affection pulmonaire. Passe plus douze mois au Sanatorium de Beau-Site à Leysin, de décembre 1927 à avril 1929, effectuant de courtes visites à Carrouge en août et septembre 1928, ainsi qu'à Noël 1928.
Une fois rétabli, Gustave Roud décide de renoncer à l'exploitation carrougeoise que son père ne peut plus assumer, pour se vouer à la poésie et à la traduction.
1929
En octobre, parution de Feuillets aux Editions Mermod à Lausanne.
S'instaure une étroite collaboration avec l'éditeur Henry-Louis Mermod, qui lui confiera des travaux de traduction notamment.
1930
Le 16 juin, mort de son père.
1930-1932
Secrétaire de rédaction de la revue Aujourd'hui, dirigée par Ramuz et éditée par Mermod. C'est là que paraissent ses premières traductions (Novalis, Hölderlin). Roud y insère occasionnellement des “Notes”, parfois sous le pseudonyme d'Adrien Delarze.
1932
En juin, parution de Petit Traité de la marche en plaine suivi de Lettres dialogues et morceaux aux Editions Mermod à Lausanne.
En novembre, parution de Essai pour un paradis aux Editions Mermod (“Aujourd'hui”) à Lausanne.
1933
Le 5 mars, mort de sa mère.
1934
Prix de la Société des Ecrivains suisses.
1935
Au printemps, séjour à Paris, invité par Steven-Paul Robert.
1936
Entre au comité de lecture de la Guilde du Livre à Lausanne, nouvellement fondée et dirigée par Albert Mermoud.
Diverses traductions et préfaces pour la Guilde, ainsi qu'une collaboration régulière au Bulletin de la Guilde du Livre assurent désormais à Gustave Roud ses modestes revenus, jusqu'à la dissolution du comité de lecture, en 1966.
1940
Gustave Roud est mobilisé dans les gardes locales, détachements locaux de surveillance et de défense, composés d'anciens soldats et de jeunes gens à partir de seize ans, pour compléter la mobilisation de la population.
1941
En avril, parution de Pour un moissonneur aux Editions Mermod à Lausanne.
Le 27 juin, remise du Prix Rambert; C.F. Ramuz prononce la laudatio.
1942
Poëmes de Hölderlin, traduction de Gustave Roud, aux Editions Mermod à Lausanne.
1944
En mai, réédition d'Adieu aux Portes de France à Porrentruy.
Gustave Roud participe aux activités de la Société de Poésie, nouvellement fondée à Lausanne autour d'Edmond Jaloux, et fait partie du comité de lecture des Cahiers de poésie.
1945
En mars, parution d'Air de la solitude aux Editions Mermod à Lausanne.
Prix du Salon neuchâtelois.
Rilke, Lettres à un jeune poëte, précédées d'Orphée et suivies de deux essais sur la poésie, traduction de Gustave Roud, aux Editions Mermod à Lausanne.
1948
Novalis, Les Disciples à Saïs, Hymnes à la Nuit, Journal, traduction de Gustave Roud, aux Editions Mermod à Lausanne.
1949
En décembre, parution de Haut-Jorat aux Editions des Terreaux à Lausanne.
1950
Paraissent deux volumes d'Ecrits chez Mermod, à Lausanne, rassemblant les six œuvres parues à cette date
1951
En août, Roud séjourne à Salzbourg, afin d'y mener des recherches sur le poète Georg Trakl, dont il traduit les poèmes.
1955
Prix de la Société des Ecrivains vaudois.
1957
Doctorat honoris causa de l'Université de Lausanne.
En juin, Fête des Lettres vaudoises organisée à Crêt-Bérard, sur les hauts de Chexbres, à l'occasion des soixante ans de Gustave Roud: de nombreux écrivains et artistes lui rendent hommage.
La bourgeoisie d'honneur de Carrouge est remise à Gustave Roud.
En septembre-octobre, séjour de quinze jours à Rome.
1958
En octobre, parution de Le Repos du cavalier à la Bibliothèque des arts à Lausanne.
1966
Novalis, Hymnes à la nuit (gravures d'Albert Yersin), traduction de Gustave Roud, aux Editions Castella à Albeuve.
1967
Le 12 avril, Prix de la Ville de Lausanne.
Contribution à l'édition des Œuvres de Hölderlin dans la Bibliothèque de la Pléiade, procurée par Philippe Jaccottet.
En collaboration avec Daniel Simond, Avec Ramuz, treize dessins de René Auberjonois, Lausanne, Editions de l'Aire/Rencontre.
Portrait de Gustave Roud réalisé par Michel Soutter pour l'émission Personnalités suisses de la Télévision suisse romande, diffusée en novembre.
En novembre, parution de Requiem aux Editions Payot à Lausanne, dans la “Collection poétique des écrivains romands”.
1968
Parution de Philippe Jaccottet, Gustave Roud, Paris, Seghers, “Poètes d'Aujourd'hui”.
1969
En septembre, Premières Rencontres poétiques du Jorat en l'honneur de Gustave Roud, au Centre culturel du Jorat.
1971
Le 13 février, mort de sa sœur Madeleine.
1972
En avril, parution de Campagne perdue à la Bibliothèque des arts à Lausanne.
1974
Lettres sur le romantisme allemand (Albert Béguin-Gustave Roud), Lausanne, Etudes de lettres.
1976
Le 10 novembre, mort de Gustave Roud à l'hôpital de Moudon.