L’épistolier

L’abondante correspondance de Gustave Roud, en partie publiée, rend compte de la fonction tutélaire du poète dans les lettres romandes entre les années 1930 et 1970. Qu’ils soient nés d’engagements professionnels (au sein du comité de lecture de la Guilde du Livre notamment), de l’initiative de jeunes poètes ou d’une compréhension mutuelle entre écrivains, ces échanges épistolaires permettent à Roud de prendre une part active dans la vie littéraire de son temps malgré son retrait des centres urbains. C’est avant tout un Roud lecteur et critique qui se dessine dans ces dialogues avec les auteurs, mais aussi avec les critiques majeurs de son temps (Albert Béguin, Marcel Raymond, Georges Nicole). Dévoilant des affinités au niveau des thèmes et des recherches poétiques (E.-H. Crisinel, G. Nicole, C. Colomb) ou des contrastes (G. Borgeaud, P.-L. Matthey), les correspondances de Roud offrent aussi un éclairage sur la vie éditoriale romande (B. Galland).
 

Lettre de Philippe Jaccottet à Gustave Roud, Fonds Gustave Roud, CRLR.

Orientations de lecture

Les correspondances de Roud ont été largement publiées, notamment dans les Cahiers Gustave Roud. Certaines d’entre elles couvrent plusieurs décennies. Mêlant généralement réflexions sur la création poétique, échanges personnels et questions éditoriales, elles offrent un aperçu particulièrement intéressant de l’évolution des relations entre Roud et des écrivains marquants de la génération qui suivit la sienne. Ainsi des correspondances de Roud avec Jaccottet, 1942-1976 (Gallimard, 2002), Chessex, 1953-1976 (Infolio, 2011) ou Chappaz, 1939-1976 (Zoé, 1993). Pour éclairer les réflexions de Roud sur la création artistique dans un sens plus large, on s’intéressera aux échanges épistolaires de Roud avec les peintres Steven-Paul Robert et René Auberjonois. Pour un bilan sur cette activité de l’auteur, voir : Claire Jaquier, « Sur la correspondance de Gustave Roud », L'Epistolaire, n° 37, 2011, p. 269-287.