Sa vie


1897
Gustave Henri Roud naît le 20 avril au Chalet-de-Brie, à Saint-Légier (au-dessus de Vevey), domaine que son grand-père paternel avait pris à ferme. La famille Roud est originaire d’Ollon. Gustave Roud et sa sœur Madeleine Roud (1893-1971) fréquentent en premier lieu l’école particulière que leurs deux tantes paternelles tiennent à Saint-Légier.

1907-1908
Elève au Collège de Vevey. Il y fait la connaissance de Steven-Paul Robert. 

1908
Déménagement de la famille Roud à Carrouge dans la région vaudoise du Jorat, dans la ferme du grand-père maternel, Jean-Daniel Coigny, décédé trois ans plus tôt. Roud et sa sœur y habiteront toute leur vie, d’abord avec leurs parents, leur grand-mère et leurs tantes maternelles, puis, à partir de 1941, avec également leur tante paternelle, Marguerite Roud.

Samuel Roud, Gustave et Madeleine Roud enfants, vers 1905, Fonds Gustave Roud, CRLR

1908-1913
Collège classique de Lausanne. Roud y a pour professeurs Ernest Ansermet pour les mathématiques et Edmond Gilliard pour le français.

1913-1915
Gymnase classique cantonal à Lausanne. Il y retrouve Steven-Paul Robert, qui lui présente Georges Nicole. Il a pour professeur d’histoire Charles Gilliard, et pour les mathématiques Henri Roorda.

1915
Le 16 juillet, bachelier ès lettres, mention latin-grec. Publication de ses premiers poèmes, dans les Cahiers vaudois (Poèmes et nouvelles, 5e cahier de la 2e série).

1915-1919
Etudes de lettres à l’université de Lausanne. Licence ès lettres classiques.

Gustave Roud, La Maison de Carrouge, années 1960, Fonds photographique Gustave Roud, BCU/Lausanne

1916
En mai, début du Journal, qui s’achèvera en octobre 1971.
Ecole de recrues V/1 dans l’infanterie, comme carabinier, à la caserne de Lausanne (67 jours). Incorporé dans le bataillon de fusiliers 1.

1917
Incorporé dans le bataillon de fusiliers 3 (compagnie de fusiliers IV/3). Ecole de sous-officiers de la 1re division (31 jours). Caporal le 2 juin. Ecole d’officiers d’infanterie de la 1re division (89 jours). Nommé lieutenant le 31 décembre 1917. En 1917, effectue deux périodes de mobilisation de guerre (16 et 18 jours).

1918
Deux périodes de service militaire actif (72 et 12 jours).

1919-1922
Roud publie des poèmes dans La Revue romande, puis y donne des chroniques d’art et de littérature. Il collabore également à la Feuille d’avis de Lausanne et à la Tribune de Lausanne. La publication d’un article sur « Quelques peintres romands à la XVe Exposition nationale des Beaux-Arts », le 19 octobre 1922 dans ce dernier journal, marque le début de sa correspondance avec René Auberjonois.

1920
En février, pendant deux semaines, Roud remplace Emmanuel Buenzod comme professeur au Collège de Vevey.
Au printemps (avril), voyage en Toscane, où il rejoint à Florence Steven-Paul Robert et Jean Viollier.

Gustave Roud en tenue de lieutenant, vers 1918-1919, Fonds Gustave Roud, CRLR

1921
Cours de répétition à Sainte-Croix (13 jours). Le 31 décembre, il est nommé premier lieutenant.

1922
De janvier à avril, remplacement comme professeur au Collège de Vevey (latin et français). Du 24 avril au 6 mai, cours de répétition à Gollion (13 jours).

1923
Du 7 au 19 mai, cours de répétition à Arnex (13 jours) 

1924
Cours de répétition à Etoy (13 jours). Au début de l’automne, remplacement de quelques mois au Collège de Vevey.

Couverture de La Revue romande, 15 octobre 1919, Fonds Gustave Roud, CRLR

1925
Du 1er au 13 juin, cours de répétition à L’Orient (13 jours). En automne, court séjour à Paris en compagnie de Steven-Paul Robert. 

1927
Roud s’adresse à Henry-Louis Mermod en vue de l’édition de son premier volume, intitulé Adieu. Celui-ci paraît à compte d’auteur en décembre, à l’enseigne du Verseau, à Lausanne. Roud en envoie un exemplaire à Ramuz, inaugurant par là leurs échanges.

1927-1929
Atteint de tuberculose, Roud est victime d’une grave affection pulmonaire ; il est traité au Sanatorium populaire neuchâtelois de Beau-Site, à Leysin, de décembre 1927 à avril 1929, effectuant à plusieurs reprises de courtes visites à Carrouge.
Il renonce à reprendre l’exploitation agricole familiale que son père, pour des raisons de santé, ne peut plus assumer.

Gustave Roud à Leysin, sanatorium de Beau-Site, 1927-1929, Fonds photographique Gustave Roud, BCU/Lausanne

1928-1932
Roud est municipal de la commune de Carrouge.

1929
En octobre, parution de Feuillets aux Editions Mermod à Lausanne.

1929-1931
Secrétaire de rédaction de la revue Aujourd’hui, éditée par Henry-Louis Mermod, et que dirige Ramuz. Il y publie ses premières traductions, de Novalis et de Hölderlin, mais aussi des « Notes » et des textes poétiques.

1930
Le 16 juin, mort de son père, Samuel Roud, né en 1862.

1931
Le 3 février, mort d’Elise Coigny, sa grand-mère du côté maternel. Le 16 mai, mort d’Alice Coigny, une tante du côté maternel.

Gustave Roud, Feuillets, Lausanne, Editions Mermod, 1929, frontispice et page de titre, avec un portrait de Roud par René Auberjonois, Fonds Gustave Roud, CRLR

1932
En juin, parution de Petit traité de la marche en plaine suivi de lettres, dialogues et morceaux, aux Editions Mermod à Lausanne.

1933
Le 5 mars, mort de sa mère, Constance Roud-Coigny, née en 1864.
En mai, parution d’Essai pour un paradis chez Mermod à Lausanne, dans les cahiers d’Aujourd’hui (cahier no 121, antidaté de novembre 1932).

1934
Roud remporte un concours ouvert aux « écrivains de la Suisse française âgés de moins de 40 ans » organisé par la Société des écrivains suisses. Il est le lauréat dans la catégorie « roman », pour Essai pour un paradis.
Il commence à collaborer, par des articles et par des photographies, avec le magazine L’Illustré ; il y signera des contributions jusqu’en 1943.

1935
En avril, il passe dix jours à Paris sur l’invitation de Steven-Paul Robert. Le 12 décembre, il est exempté du service militaire pour raison de santé.

1936
Albert Mermoud crée à Lausanne la Guilde du livre, maison d’édition par correspondance qu’il dirigera jusqu’à la disparition de l’entreprise en 1976 ; Roud est un des membres fondateurs. Jusqu’à leur dissolution en 1966, il fera partie du comité de lecture et du jury du prix de la Guilde, créé en 1941. Durant cette période, Roud prend en charge d’importants travaux pour la maison lausannoise – traductions, préfaces, relectures de manuscrits – et collabore régulièrement au Bulletin de la Guilde du livre.

Gustave Roud, « L’Hiver dans un village de chez nous », première page, L’Illustré, n° 8, 24 février 1938, Fonds Gustave Roud, CRLR

1937
Il fait la connaissance de Georges Borgeaud, avec qui il correspond depuis 1936.

1939
Roud fait la connaissance de Maurice Chappaz, avec qui il correspondra jusqu’à la fin de sa vie. 

1941
En avril, parution de Pour un moissonneur aux Editions Mermod à Lausanne. Cet ouvrage vaut à Roud le prix Rambert, qui lui est remis le 27 juin. Philippe Jaccottet, venu écouter le discours de Ramuz lors de cette cérémonie, y fait la découverte de Roud.
Roud devient chef de la Garde locale de Carrouge.

Gustave Roud, Maurice Chappaz, Georges Borgeaud et Daniel Simond, Carrouge, 5 mai 1940, Fonds photographique Gustave Roud, BCU/Lausanne

1942
Le 27 février, Philippe Jaccottet écrit pour la première fois à Roud, sollicitant une dédicace sur son exemplaire de Pour un moissonneur. En novembre, parution de Poëmes de Hölderlin, traduction de Gustave Roud, aux Editions Mermod à Lausanne.
Il collabore à La Semaine de la femme, par des articles et des photographies ; une dizaine de ses contributions y paraissent jusqu’en 1943.

1943
Le 26 mars, mort de la tante maternelle de Roud, Clara Coigny.

1944
En mai, nouvelle édition d’Adieu, aux Portes de France à Porrentruy.
Le même mois, séance constitutive de l’Association des écrivains vaudois. Roud, qui y assiste, devient membre de cette société.

1945
En mars, parution d’Air de la solitude aux Editions Mermod à Lausanne. Cet ouvrage est distingué par un prix de la Fondation Schiller suisse.
Début septembre, le prix du Salon romand du livre (à Neuchâtel) est décerné à Roud pour Air de la solitude.
En décembre, parution de Rilke, Lettres à un jeune poëte, précédées d’Orphée et suivies de deux essais sur la poésie, traduction de Gustave Roud, aux Editions Mermod à Lausanne.

1947
En janvier, réédition de Lettres à un jeune poëte chez Mermod à Lausanne.

1948
En octobre, parution des Disciples à SaïsHymnes à la nuitJournal, de Novalis, traduction de Gustave Roud, aux Editions Mermod à Lausanne.

1949
En décembre, parution de Haut-Jorat, aux Editions des Terreaux à Lausanne. Roud est libéré définitivement de la Garde locale le 15 novembre.

1950
En septembre-octobre, parution des deux volumes d’Ecrits aux Editions Mermod à Lausanne.
Le 31 octobre, le Conseil d’Etat, sur proposition de la Commission du Fonds cantonal des arts et des lettres, décide d’allouer à Roud une somme de 1000 francs.
En décembre, création de la Fondation C. F. Ramuz ; Roud est membre du conseil de direction.

Gustave Roud, Haut-Jorat, Lausanne, Editions des Terreaux, 1949, couverture avec une photographie par l’auteur, Fonds Gustave Roud, CRLR

1951
En août, séjour à Salzbourg et à Innsbruck, afin de mener des recherches sur le poète Georg Trakl, dont il traduit les poèmes.

1953
Première lettre de Jacques Chessex, qui restera un proche de Roud jusqu’à sa mort.

1955
Prix de l’Association des écrivains vaudois, doté de 5000 francs, pour l’ensemble de son œuvre.

1956
Roud entre dans le comité de la Société des écrivains suisses, dont il sera membre jusqu’en 1959.
En septembre, nouvelle édition de Lettres à un jeune poëte de Rilke, chez Mermod à Lausanne. 

Annonce de la publication des Ecrits de Gustave Roud, réalisée par les Editions Mermod, 1950, Fonds Gustave Roud, CRLR

1957
Le 16 juin, Fête des lettres vaudoises, organisées à Crêt-Bérard, au-dessus de Puidoux, pour le soixantième anniversaire de la naissance de Roud. Parution, à cette occasion, d’Hommage à Gustave Roud (Lausanne, s.n.é.).
Le 27 juin, Roud reçoit un doctorat honoris causa de l’Université de Lausanne.
Du 23 septembre au 8 octobre, séjour à Rome et à Naples. C’est la Guilde du livre qui, en lui offrant le billet d’avion, est à l’origine de ce voyage.
Le 27 décembre, la bourgeoisie d’honneur de la commune de Carrouge lui est remise.

1958
Du 26 février à début mars, voyage de quelques jours à La Ciotat, auprès de Steven-Paul Robert.
En octobre, parution du Repos du cavalier, à la Bibliothèque des arts à Lausanne. 

1964
La Commission du Fonds cantonal des arts et des lettres attribue à Roud un don d’honneur de 10 000 francs. 

Jacques Chessex, Dédicace à Gustave Roud dans Batailles dans l’air, 9 mai 1959, Fonds Gustave Roud, CRLR

1965
Michel Soutter réalise un film sur Roud dans la série « Personnalités suisses » diffusée à la Télévision suisse romande.

1966
Novalis, Hymnes à la nuit (gravures d’Albert Yersin), traduction de Gustave Roud, aux Editions Castella à Albeuve. 

1967
Le 12 avril, Roud reçoit à la villa Mon Repos le prix de la Ville de Lausanne, d’un montant de 20 000 francs.
Du 17 au 29 avril, exposition « Hommage à Gustave Roud » à la Bibliothèque cantonale et universitaire de Lausanne.
Le 20 avril, à l’occasion du septantième anniversaire de la naissance du poète, la Gazette littéraire et le Centre de recherches sur les lettres romandes organisent à l’Aula du Palais de Rumine une soirée poétique, avec la participation de Maurice Chappaz, Jacques Chessex et Philippe Jaccottet.
Le 22 avril, célébration de la naissance de Roud dans la commune de Carrouge.
Par l’entremise de Philippe Jaccottet, Roud contribue à l’édition des Œuvres de Hölderlin dans la « Bibliothèque de la Pléiade » des Editions Gallimard.
En novembre, parution de Requiem aux Editions Payot à Lausanne.

Gustave Roud et Michel Soutter, photographie prise pendant le tournage du film dans la série « Personnalités suisses », Carrouge, 1965, Fonds Gustave Roud, CRLR

1968
Parution de Philippe Jaccottet, Gustave Roud, Paris, Seghers, « Poètes d’aujourd’hui » 173.
La candidature de Roud au prix Nobel est présentée par Henri Perrochon.

1970
Prix d’un montant de 5000 francs de la Fondation Schiller suisse, « pour l’ensemble de son œuvre et ses traductions ». 

1971
Le 13 février, mort de sa sœur Madeleine.

1972
En avril, parution de Campagne perdue à la Bibliothèque des arts à Lausanne.

1974
En octobre, parution de Lettres sur le romantisme allemand (Lausanne, Etudes de lettres), correspondance entre Albert Béguin et Gustave Roud.

Georges-André Chevallaz et Gustave Roud lors de la remise du prix de la Ville de Lausanne, 12 avril 1967, Fonds Gustave Roud, CRLR

1976
Le 10 novembre, mort de Gustave Roud à l’hôpital de Moudon. Il est enterré à Carrouge le 13 novembre. 

1977
Le 26 février, création de l’Association des Amis de Gustave Roud.
Le 4 décembre, concert en hommage à Roud, à l’église Saint-Etienne de Moudon, « sous les auspices de la Société académique vaudoise, de l’Association des Amis de Gustave Roud, du Centre de recherches sur les lettres romandes, et avec l’appui de l’Association pour Saint-Etienne, la commune de Moudon, l’Etat de Vaud ». Sont associés à ses manifestations, comme aux initiatives posthumes qui suivront, Françoise Subilia, héritière de la maison et des biens de Gustave Roud, et Philippe Jaccottet, à qui le poète a confié la mission de veiller sur l’avenir de son œuvre.

Marcel Imsand, Philippe Jaccottet, Gustave Roud et Anne Perrier, séance de signature à la librairie Payot, Lausanne, 3 mars 1968, Fonds Gustave Roud, CRLR