Parmi les modèles esthétiques de Gustave Roud, les peintres sont nombreux. Il y a des figures de référence « classiques » et récurrentes, comme Poussin et Cézanne. Mais il y a aussi plusieurs contemporains, avec lesquels le poète entretient de riches correspondances. Quatre personnalités artistiques, en particulier, se dégagent.

Steven-Paul Robert (1896-1985) est l’ami d’enfance, le confident, partagé entre Paris et la Suisse romande, celui au regard duquel Roud forme son projet d’homme de lettres.

René Auberjonois (1872-1957) est une figure d’autorité, celui qui a su trouver une voie après Hodler, dans le sillage de Cézanne, et que Roud défend lorsque son ami, qui décore l’abbaye du Dézaley en 1935, est contesté pour les déformations anatomiques du nu féminin. Auberjonois donne un portrait lithographique du poète en frontispice de Feuillets (1929) ainsi que dans la réédition d’Adieu, en 1944.

Le dialogue d’un quart de siècle avec Gérard de Palézieux (1919-2012), depuis 1951, est enrichi par des échanges de poèmes et d’œuvres graphiques. Roud collabore avec Palézieux pour l’illustration d’Etoile en 1952 et du Repos du cavalier en 1958. La formule sera reconduite dans plusieurs éditions posthumes publiées notamment aux Editions Fata Morgana.

Jean Lecoultre, jeune poète fasciné par le surréalisme, contacte le « Maître » en 1946. En 1959, dans sa préface à Dix pochoirs, Roud évoque le mystère de la vocation artistique, joué, trente ans plus tôt, dans ses échanges avec l’ami Robert.

Gustave Roud, René Auberjonois devant un potager, Jorat, 9.8.1943, Fonds photographique Gustave Roud, BCU/Lausanne.